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18 Mai 2012, St Eric

Intelligence Economique

La Guerre économique commence, entrez dans le jeu!

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DCRG                                                                                                       

INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE DÉFENSIVE : PHYSIONOMIE NATIONALE DU RISQUE FINANCIER
 
Depuis le 1er janvier 2006, les renseignements généraux ont recensé 1.578 cas de vulnérabilités ou d’agressions économiques hostiles, concernant 888 entreprises (sur plus de 2.000 sensibilisées).  
 
La surface statistique ainsi offerte à l’analyse permet aujourd’hui d’isoler et d’examiner, par natures de risques, les contours de la physionomie nationale de l’insécurité économique. 
 
Celle-ci a été cartographiée autour de huit familles de risques distincts :  
- atteintes aux savoir-faire,  
- atteintes physiques sur sites,  
- atteintes à la réputation,  
- risques liés aux intrusions consenties,  
- risques de nature informatique,  
- risques liés à l’humain,  
- fragilisations orchestrées,  
- risques financiers et/ou capitalistiques. 
 
Les risques financiers, sur la base d’un rapport présenté par M. Roger Mongereau, ont récemment fait l’objet d’un avis du Conseil économique et social, intitulé « Intelligence économique, risques financiers et stratégies des entreprises ». 
 
L’actualité ainsi conférée  à ce type d’insécurité  économique est largement confortée par la place qu’occupe ce type de fragilités ou atteintes dans les constats dressés, sous un angle défensif,  par les renseignements généraux. 
 
Très prépondérante parmi l’ensemble des risques (I), cette famille d’atteintes économiques se caractérise par  un taux de commission important (II) et une grande diversité opératoire (III). Reposant sur des logiques moins territoriales (IV) ou catégorielles (V) que sectorielles (VI), l’agression financière des entreprises est aujourd’hui le fait d’opérateurs hostiles bien identifiés (VII). 
 
I –- FORTE PRÉPONDÉRENCE STATISTIQUE DU RISQUE FINANCIER 
 
Avec 557 cas sur 1578 signalés,  les risques de nature financière représentent à 
eux seuls 35,2% des cas d’insécurité économique.  
 
Ils présentent une fréquence d’apparition plus de deux fois supérieure à celle de 
la catégorie de risques suivante. 
 
 
II – LES NIVEAUX DE COMMISSION DES ATTEINTES FINANCIÈRES 
 
L’agressivité des actions économiques offensives se mesure par les niveaux de commission des faits constatés. 
 
Sous cet angle de vue, on constate que les signalements d’insécurité financière traitent, dans plus de la moitié des cas (52.7%), de comportements offensifs commis et avérés, et non sur de simples vulnérabilités passives et/ou structurelles. 
 
Ce taux de « passage à l’acte » est cependant  moins élevé que les 61.2% relevés pour l’ensemble des huit familles de risques.  Bien que plus fréquente que les autres types d’atteintes (Cf. I), l’agression financière est donc moins fréquemment menée à son terme que les autres, probablement du fait qu’elle est souvent plus difficile à réaliser.                               
 
III – GRANDE DIVERSITÉ DES RISQUES FINANCIERS et/ou CAPITALISTIQUES  
 
Ainsi quantifié, le risque financier et/ou capitalistique doit être examiné dans sa pluralité, tant les modes d’agressions sont diversifiés. 
 
En témoigne la répartition fréquentielle des 13 sous-risques financiers, parmi lesquels on relève que les « fragilités de caisses » (manque de trésorerie ou pertes financières) n’apparaissent que dans 20.8% des cas. A contre-pied de l’idée trop fréquemment admise, il apparaît donc que les actions de « dépeçages » d’entreprises en situation de faiblesse sont loin de constituer l’essentiel de l’insécurité économique financière. 
 
 
IV - ABSENCE DE STRATÉGIE TERRITORIALE DES AGRESSEURS ÉCONOMIQUES 
 
La répartition des atteintes ou agressions financières sur l’ensemble du territoire ressemble à s’y méprendre à celle relative à l’ensemble de tous les risques confondus. Les régions réputées  les moins dynamiques sur le plan économique ne sont pas les plus touchées par ce type de risques. La cartographie des agressions financières et/ou capitalistiques ne repose donc sur aucune logique géographique, et doit reposer sur d’autres paramètres de ciblage.  
 
 
V– LES SECTEURS LES PLUS VISÉS 
 
Les entreprises ayant présenté une vulnérabilité ou ayant subi une atteinte de nature financière évoluent dans 93 secteurs d’activités distincts.  
Prés de la moitié (48.9%) des risques  ou agressions de cette nature ont été concentrés sur 14 secteurs : Automobile, métallurgie et sidérurgie, aéronautique, emballage et papeterie, télécommunications, microélectronique, plasturgie, menuiserie, meuble et  équipement de la maison, agroalimentaire,  composants électroniques, distribution, mécanique, robotique et automatismes. 
Or, tous types de risques confondus, le taux de ciblage constaté sur ces 14 activités retombe de 48.9% à 39.4%. Il est ainsi démontré que  le risque financier et/ou capitalistique constitue, pour ces secteurs, une menace spécifique méritant l’attention des pouvoirs publics. 
 
 
VI – LES NATIONS LES PLUS OFFENSIVES 
 
Le recensement des situations ou actions offensives de nature financière a abouti à l’identification de 368 auteurs, identifiés sous 34 nationalités différentes. En première lecture, ce palmarès de l’offensivité économique financière  ne diffère pas sensiblement du classement des nations les plus agressives dans d’autres modalités d’agressions.  
 
Il permet en revanche, par comparaison avec le classement « tous risques confondus », d’identifier les pays qui s’avèrent préférer les atteintes financières aux autres modes d’agressions économique. Tel est  le cas de la France,  les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, l’Inde, le Canada, les Pays-Bas, la Belgique. 
 
On relève parallèlement  la mise en évidence de la tendance inverse pour le Japon et surtout la Chine qui, dans une proportion frôlant le double, délaissent les agressions de nature financière au profit d’autres modes opératoires.
 
  
 
OUTGDA Mektar
 
 
 

Tags associés : Rapport, services, secrets, attaques, entreprises, française

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Mercredi 02 Mai 2012Poster un commentaire

 

La réputation est un actif intangible d’une entreprise. Sans valeur comptable, elle est pourtant l’une des composantes essentielles de l’entreprise dans sa globalité. Immatérielle et vulnérable, elle peut, par exemple, agir sur ses volumes de ventes. Il serait cependant réducteur de limiter son influence à ce seul aspect business. La réputation se conçoit dans une approche transversale, car elle affecte toutes les structures internes à une organisation, mais également dans une 
approche environnementale, car elle intègre aussi des facteurs externes,  essentiels au  bon fonctionnement de l’entreprise. 
Le passage au numérique de la réputation a fait apparaître le concept  « d’e-réputation », engendrant plusieurs bouleversements. 
Tout d’abord, le rôle des parties prenantes a évolué puisqu’elles sont désormais plus actives, entrainant une perte de contrôle relative de l’entreprise dans la gestion de son image. En effet, la démocratisation du numérique a notamment eu pour conséquence principale une mutation du rôle du consommateur. Ce dernier devient un réel acteur de sa consommation. De ce fait, denouvelles habitudes sont constatées : les clients se parlent, s’écoutent et se font confiance. 
En outre, le numérique a considérablement complexifié l’environnement de l’entreprise. En effet, l’espace d’échange offert, par internet en général et par le Web 2.0 en particulier, permet un dialogue entre toutes les parties prenantes, sur de nouveaux supports qui échappent potentiellement au contrôle de l’entreprise, déjà confrontée aux risques causés par la fluidité de l’information numérisée.
Au niveau de l’entreprise, il est nécessaire dans un premier temps de ne pas considérer l’eréputation uniquement comme porteuse de risques, et de mettre fin à quelques idées reçues. 
  -Toutes les entreprises ne sont pas affectées par ce concept de la même manière : certaines marques sont portées par leurs clients, d’autres sont régulièrement attaquées et certaines laissent indifférent ; 
  -Si Internet est un espace de liberté, il n’est pas pour autant un espace de non-droit ; 
  -Enfin, une information n’affecte l’e-réputation de l’entreprise que lorsqu’elle est bien référencée et massivement diffusée par des sources fiables.
 
Il existe plusieurs procédés d’atteintes à l’e-réputation d’une entreprise, que l’on peut classer en trois catégories :
 
  -Les atteintes informationnelles, comme la diffusion d’avis négatifs de consommateurs, 
le dénigrement, la rumeur et la diffusion de fausses informations ;
  -Les atteintes touchant à l’identité, comme le détournement de logo, l’usurpation ou le 
détournement de marques ou de produits ;
  -Les atteintes d’ordre technique, comme le phishing, le piratage de site, le flog, splog, cybergriping ou bien cybersquatting.
 
 
Ainsi, il en ressort que des éléments simples peuvent être mis en place par l’entreprise, comme la sensibilisation du personnel ou bien l’intégration de logiciels de veille, pour contrer le risque informationnel. Faire de l’e-réputation peut être une opportunité, créatrice de valeur. Bien maitrisée, elle offrira à l’entreprise une meilleure visibilité et lui permettra de se rapprocher de ses clients en étant davantage à leur écoute. C’est pourquoi, une des principales préconisations est l’intégration du concept d’e-réputation dans la stratégie numérique de l’entreprise.
 
Pour approfondir le sujet je vous invite à lire l'étude du CIGREF sur le sujet.

Tags associés : E-reputation, analyse, risques, opportunites, lies, l’e-reputation, entreprises

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Jeudi 03 Mai 2012Poster un commentaire

 La Mondialisation, Principale transformation de l’organisation de l’espace contemporain

  1. Intensification d’une tendance ancienne, ou processus nouveau ?

La globalisation actuelle fait l’objet de deux interprétations concurrentes. Pour les uns, il ne s’agit que de l’accélération de mécanismes déjà connus : elle porte l’économie à un degré d’internationalisation qui n’est pas tellement plus haut que celui qu’elle avait avant la grande phase de recentrage national des années 1920 aux années 1960 :

Le poids des exportations comme des importations dans le PIB était aussi élevé il y a un siècle qu’aujourd’hui

Les échanges financiers internationaux existaient déjà

Les migrations internationales étaient plus fortes à la fin du 19ème siècle, ne serait-ce que du fait des mouvements vers le continent américain.

 

Pour les autres au contraire, qui sont les plus nombreux, il s’agit d’un processus vraiment nouveau, qui date approximativement d’une vingtaine d’années. Cette thèse est couramment admise, car elle est appuyée par de nombreux arguments, qui montre l’enchaînement d’une mondialisation commerciale, puis industrielle et enfin financière.

 

Avant de les présenter en détail, il faut dire quelques mots sur ce qui a rendu cette mondialisation possible : la révolution de la mobilité des biens, des personnes et des informations.

 

La baisse des coûts de transport de biens et de personnes ne date pas des années 1980 bien entendu ; il s’agit d’un processus de longue portée, qui s’est accéléré depuis la deuxième guerre mondiale. La multinationalisation des firmes et l’exportation se sont développées à mesure que les coûts de transport et les obstacles aux échanges internationaux se réduisaient, les droits de douanes mondiaux moyens passant de 45% en 1945 à moins de 10% aujourd’hui dans les pays industriels et, tendanciellement, dans tous les pays de la planète. Le commerce textile, par exemple, est entièrement libéralisé depuis le

1er janvier 2005. Même si cette baisse est contrebalancée par l’essor de « barrières non tarifaires », le mouvement de baisse est puissant. Alors que les services et les produits agricoles étaient exclus des négociations (round) du Gatt, ils sont inclus dans la politique de libre-échange reprise en charge par l’OMC depuis qu’elle a remplacé le Gatt en 1995.

Le processus a été renforcé par l’évolution du transport international de marchandises (qui est essentiellement maritime) : la concentration des firmes de transport maritime et les progrès de la containerisation ont contribué à abaisser les coûts et ont ainsi favorisé le commerce international.

Les vingt dernières années ont vu la progression particulièrement rapide des transports à grande vitesse, TGV et avion, témoignant d’un changement d’échelle de l’échange moyen (passage d’un territoire à petites mailles à un territoire à grandes mailles).

Le changement technique dans les télécoms (généralisation des ordinateurs personnels, du fax et surtout d’Internet) a radicalement modifié l’échange d’informations – et des capitaux, qui ne sont jamais qu’un type particulier d’information.

La baisse drastique des coûts de transport

                                             

                                                                                            Source : Banque Mondiale

                                 Haut en Bas: Asie Sud  MERCOSUR  CEI  UE Japon Corée ALENA ACP Meda Pacifique Sud

 La baisse des tarifs douaniers dans les différentes régions du monde

Tarifs moyens non pondérés, sources : WTO, Unctad, World Bank, OECD / IFRI (Le commerce mondial au 21ème siècle)

1.2. Mondialisation commerciale, industrielle, et financière

 

1.2.1. Mondialisation commerciale : le boom des exportations de marchandises et de services

 

Il est faux de dire que l’exportation n’est pas plus élevée qu’il y a un siècle. La partie de l’activité économique qui appartenait au monde marchand, notamment au monde marchand comptabilisé, était infiniment plus faible il y a un siècle qu’aujourd’hui. Le dénominateur (PIB) étant plus faiblement estimé il y a un siècle qu’aujourd’hui, il y a un biais dans la comparaison du ratio « % des exportations dans le PIB » entre hier et aujourd’hui. En outre, les services font, à leur tour, l’objet d’échanges internationaux croissants puisqu’ils représentent 20% des exportations mondiales actuelles.

                                                                                    

Croissance en volume du commerce mondial des marchandises et du PIB, 1994-2004

                               (Variation annuelle en pourcentage)  Source : OMC

 

1.2.2. Mondialisation industrielle : la mondialisation du système productif

 

1.2.2.1. Les investissements transnationaux ont progressé plus vite que les exportations

La forte progression des mouvements de capitaux productifs est une des caractéristiques majeures de la globalisation. Naguère les firmes qui s’internationalisaient commençaient par exporter puis, lorsqu’elles avaient pris la mesure d’un marché extérieur, y implantaient une filiale. Ce n’est plus comme ça que l’internationalisation avance : les firmes ont d’emblée une stratégie de présence sur les différents marchés, implantent d’emblée des filiales ou, plus souvent encore, rachètent des entreprises sur place ou y prennent des participations. Désormais, ce sont les IDE (investissements directs à l’étranger) qui tirent les échanges commerciaux ; on ne peut plus se contenter d’exporter, la présence directe sur les marchés est requise.

Ce ne sont donc plus seulement les marchandises qui s’échangent, ni les marchés qui deviennent mondiaux, mais la production elle-même : main d’oeuvre et surtout investissements sont devenus mobiles, le dispositif productif des entreprises est de plus en plus souvent multinational. Depuis une vingtaine d’années, l’exportation progresse plus vite que la production mondiale et les IDE progressent plus vite que l’exportation. Ce boom des IDE correspond surtout (i) à des fusions-acquisitions (pour 80% des IDE, ce qui veut dire que les rachats sont la forme dominante de la multinationalisation des firmes), et (ii) à des mouvements nord /nord : on assiste à une vaste redistribution des parts du marché mondial entre les firmes des pays dominants, laissant les pays en développement à une place secondaire.

 

Un autre aspect, déterminant, de ces fusions-acquisitions, est qu’elles se traduisent par la constitution d’oligopoles dans pratiquement tous les domaines d’activité, industriels et de service.

                                           1.2.2.2. Le rôle de la dérégulation financière et de la privatisation

L’accroissement de la circulation du capital dans le monde depuis une vingtaine d’années n’a été possible qu’à travers la dérégulation financière, qui s’est généralisée à la fin des années 1980 et dans les années 1990. Organisée, depuis la grande crise de 1929, de manière à cloisonner ses différents segments, l’industrie financière des Etats-Unis, puis de l’Europe, du Japon et, progressivement, de tous les autres pays, a été profondément remaniée. Le contrôle administratif et fiscal sur les mouvements de capitaux a été réduit, le cloisonnement entre banque et assurance, et au sein de la banque entre banques d’affaires et banques de dépôts a été supprimé ou allégé, de nouveaux produits financiers ont été inventés afin de multiplier les sources financières pour des entreprises à la recherche du financement de leur multinationalisation. Se finançant directement sur le marché des capitaux (envolée du rôle des bourses et des capitalisations boursières), les entreprises passent de moins en moins par le prêt bancaire traditionnel (« désintermédiation »).

Par ailleurs, la privatisation a touché de vastes secteurs des économies nationales : industries, services publics, transports, qui ont constitué autant d’opportunités de rachat par les capitaux mobiles.

                                     1.2.2.3. Attirer des capitaux transnationaux, nouvel impératif des territoires

L’attractivité des capitaux internationaux devient fondamentale, pour les pays du nord comme pour ceux du sud ; pour ces derniers, confrontés à une crise majeure d’endettement dans les années 1970 et au début des années 1980, la libéralisation des mouvements de capitaux se sera révélée peu résistible.

Au total, les IDE représentaient en 1980 à peine 2% de l’investissement dans le monde (FBCF), ils en représentent aujourd’hui 15%. Cela signifie que sur sept dollars investis dans le monde, un l’est de manière transnationale (IDE). Pour les pays du sud, dont l’épargne est dans l’ensemble faible et dont la capacité à transformer l’épargne en investissement est réduite, la venue de ces capitaux transnationaux devient une clé du développement.

Car pour être secondaires, les pays en développement ne sont pas marginaux dans ces flux mondiaux d’investissements privés. De 20 b$ dans les années 1980, ces flux depuis et vers les PVD sont passés à

120 dans les années 1990. Les PVD constituent toujours plus du quart des cibles des IDE – mais la liste de ces PVD a changé en se concentrant de plus en plus sur les pays émergents, qui captent 85% des ces IDE du Sud.

 

L’importance des IDE pour les pays en développement tient donc aux éléments suivants:

Investissements plus nombreux

Faciliter les entrées et sorties d’IDE revient à favoriser les investissements dans les affaires les plus rentables, ce qui aide à assainir l’économie nationale

Augmentation de la productivité du fait d’investissements en R&D plus faciles, d’innovations dans l’organisation du travail, la disparition des entreprises les moins efficaces – même si cela se traduit par des problèmes d’emploi à court terme

Extension des standards économiques internationaux et notamment en matière de niveau de qualification de la main d’oeuvre et d’efficience des organisations – dans l’entreprise, dans les entreprises partenaires (sous-traitants), et en dehors d’elles notamment sur le plan territorial : urbanisation et planification urbaine etc.

Augmentation de l’impôt et donc financement accru pour les politiques publiques (formation, infrastructures…)

Meilleure connaissance réciproque d’agents économiques de différents pays, ce qui favorise ensuite la pénétration des entrepreneurs locaux sur d’autres marchés.

 

                                                  1.2.2.4. Les firmes multinationales (FMN), « entreprises-réseau »

Les firmes transnationales représentent le quart de la production mondiale de biens et services, leur production à travers leurs filiales étrangères dépasse désormais l’exportation mondiale. Constituée d’un grand nombre de filiales qui elles-mêmes détiennent des filiales, ces multinationales deviennent de vastes réseaux d’établissements qui peuvent être de taille petite ou moyenne, localisés dans toutes les zones économiquement actives de la planète ; ces « entreprises-réseau » bénéficient ainsi d’économies de dimension.

Cette figure de l’entreprise-réseau permet de comprendre la caractère de moins en moins pertinent des catégories de la comptabilité nationale ; dans le cas du commerce international par exemple, il faut moins penser à un commerce entre nations, et d’avantage à un commerce transnational qui concerne bien souvent des firmes qui sont présentes au deux bouts de la chaîne. Dans le cas de la France, un tiers du commerce international de marchandises relève de flux entre filiales d’une même multinationale, un autre tiers part d’une filiale d’une multinationale ou y arrive. A l’échelle mondiale, on estime que plus de 40% du commerce international total est constitué en fait de flux intra-firmes.

                                                       1.2.2.5. Les réseaux d’entreprises

Il faut ajouter que les alliances entre firmes et notamment entre multinationales se sont multipliées depuis le milieu des 1980. Pour être présent dans les différents marchés, les firmes rachètent des firmes locales, elles peuvent aussi choisir de s’associer à elles. C’est alors la notion de « réseau d’entreprises » qu’il faut mobiliser. Paradoxalement donc, il y a à la fois davantage de concurrence et davantage de coopération entre les firmes.

La libéralisation des investissements transnationaux dans un nombre croissant de pays s’est traduite par l’impossibilité, pour la comptabilité nationale, de repérer exhaustivement les entreprises dont le capital est détenu par des non-résidents, et réciproquement les entreprises situées à l’étranger mais dont une partie du capital est dans les mains de résidents. Même lorsqu’elle y parvient à peu près, comme aux États-Unis, la statistique ne peut guère aller plus loin que le premier niveau d’entreprise à l’étranger, c’est-à-dire que les filiales de ces filiales ne sont pas repérées. Enfin en ce qui la concerne, l’intégration européenne s’est traduite par la disparition des douanes, donc de la possibilité de mesurer les échanges transfrontaliers internes. Bref, c’est paradoxalement au moment où l’on a le plus besoin de connaître la géographie des flux transnationaux qu’on est le moins capable de le faire !

                                          1.2.2.6. La synchronisation de l’économie mondiale

Un des caractères marquants de la globalisation est la remise en cause des formes classiques de la division internationale du travail (DIT). Naguère, les firmes américaines délocalisaient leurs unités de production dans les pays à bas salaires. La phase de conception avait lieu dans les régions majeures du globe (région parisienne, londonienne, milanaise, mais surtout les régions des Etats-Unis comme la côte Est ou la Californie) ; la production, une fois banalisée se répandait dans les autres régions des pays du nord, les phases les plus intensives en main d’oeuvre étaient délocalisées dans les pays du sud ; Lorsque le produit était devenu lui-même devenu banal et technologiquement bien maîtrisé, c’est l’ensemble du processus de production qui était délocalisé.

 

Or le remplacement de produits technologiquement dépassés se fait bien plus rapidement que naguère, et plus radicalement : le cycle du produit se raccourcit, le disque vinyle a totalement disparu avec les premiers CD. Cette course à la technologie, la vitesse du remplacement des générations de produits, et la nécessité d’être présent sur les marchés les plus dynamiques afin de bien anticiper sur l’évolution de la demande, font de la délocalisation dans les pays à bas salaires une option de moins en moins intéressante. A mesure que le niveau de qualification de la main d’oeuvre augmente, pour produire des biens dont le contenu technologique augmente, l’avantage comparatif des pays à bas salaires se réduit.

Pour le dire de manière simplifiée mais pédagogique, les riches n’ont plus besoin des pauvres – ni pour leur marché, trop maigre, ni pour leur main d’oeuvre, pas assez qualifiée.

 

Seuls les quelques pays émergents tirent leur épingle du jeu. Disposant d’une main d’oeuvre (au moins en partie) qualifiée, ils peuvent recevoir des filiales de multinationales. Ces dernières en effet utilisent des technologies sophistiquées y compris dans leurs ateliers délocalisés, ont besoin d’un système productif homogène entre tous leurs établissements pour pouvoir faire circuler des bases de données techniques identiques (par exemple sur la spécification de sous-ensembles qui doivent être assemblés ailleurs dans une parfaite adéquation), disposer d’une garantie de qualité à toutes les étapes du processus de production et pour tous les produits (exigences de l’effet de marque), et doivent assurer la communication transnationale interne au moyen de TIC de pointe.

Les réseaux transnationaux de firmes entre pays développés dessinent une économie synchrone à l’échelle planétaire. Le système boursier mondial qui fonctionne en continu (Tokyo puis Londres puis Wall Street puis Tokyo…) est l’exemple métaphorique d’un système productif fonctionnant non plus par phases successives mais de manière intégrée.

OUTGDA Mektar

Tags associés : Mondialisation, rupture, continuite

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Mercredi 02 Mai 2012Poster un commentaire

 

Le second tour de l’election presidentielle française se déroule dans quelque jours. Selon les médias tout serait déjà joué et François Hollande remporterai la présidence de la république devant le président sortant Nicolas Sarkozy.

Mais revenons un instant sur les résultats et leurs enjeux.
 

 

François Hollande
 
28.63% (10.273.582 voix)
Nicolas Sarkozy
 
27.18% (9.753.844 voix)
Marine Le Pen
 
17.9% (6.421.773 voix)
Jean-Luc Mélenchon
 
11.11% (3.985.298 voix)
François Bayrou
 
9.13% (3.275.349 voix)
Eva Joly
 
2.31% (828.451 voix)
Nicolas Dupont-Aignan
 
1.79% (644.086 voix)
Philippe Poutou
 
1.15% (411.178 voix)
Nathalie Arthaud
 
0.56% (202.562 voix)
Jacques Cheminade
 
0.25% (89.572 voix)

 

L'ensemble du système médiatique tourne en boucle sur la "surprise" Marine Lepen pour ce premier tour de l'election présidentielle. D'aucun n'a réellement pris le temps et le recul necessaire à une analyse de ce qui, au final, relève plus d'une normalisation. En effet, en observant sur une durée assez longue pour avoir une vision d'ensemble, on remarque avec ces résultats, qu'au final, l'exception etait en réalité l'election au premier tour de 2007, lorsque Sarkozy avait réussi par sa campagne (et ses mensonges?) syphoner l'electorat FN (avec un Jean Marie Lepen à 10,4%), et que 2012 remet les pendules à l'heure, en donnant un score comparable à celui de 2002 (voir légerement inferieur à l'addition des voix de Jean Marie Lepen et de Bruno Maigret). Ainsi en 10 ans le Front National a gagné en volume 1 million de voix, avec un corps electoral qui s'est agrandi de plus de 5 millions net. 1 million de voix en 10 ans cela relativise considérablement le "ras de marée" frontiste qu'on l'air de découvrir, béat, les médias comme voulant tétaniser l'opinion... D'autant que si on continue l'analyse, on remarque qu'un candidat comme Jean Luc Melenchon fait avec son Front de Gauche près de 4 millions de voix, soit 3 millions de plus qu'il y a 3 ans aux elections europennes (même si l'abstention y est plus grande, cette comparaison reste valable puisque cette abstention favorise les deux grands partis). A cette vitesse Melenchon pourrait bien se retrouver au second tour dans 5 ans, mais aucun analyste ne l'a relevé, ses 4 millions d'electeurs ne valent pas, pour eux, un dixieme des 6 millions du FN (qui, il faut l'avouer, sont une aubaine pour faire du papier et relancer le train fantome). Quant à Bayrou, son score enterre définitivement sa tentatvie de création de troisième voix, mais cela peut s'expliquer par une sous éstimation du clivage profond qui éxiste chez les francais, entre le peuple de gauche et le peuple de droite qui représentent à peu pres 40% de l'electorat aujourd'hui.

Malgré leurs statuts de favoris rassembleurs, François Hollande et Nicolas Sarkozy se doivent de fédérer un maximum de français qui n’ont pas voté pour eux lors du premier tour de l’élection présidentielle. Leurs projets ainsi que leurs encrages politiques les mènent donc chacun a « chasser » les électeurs les plus propices a les rejoindre.
Ainsi, François Hollande c’est assuré le soutient des principaux partis politiques de gauche alors que Nicolas Sarkozy doit faire  cavalier seul. La campagne présidentielle de chacun des candidats marque ainsi un virage aux extrêmes de leurs tendances politiques.

De fait, François Hollande effectue son virage a gauche et se place ainsi en défenseur des classes les moins aisées contre les « riches ». Ces prises de positions avec des mesures phares comme l’augmentation des taux d’impositions pour les plus hauts revenus semble très populaire. La promesse de la mise en place de taux confiscatoires satisfaisant ainsi une partie de son futur électorat encré à gauche. De son coté, Nicolas Sarkozy ne peut compter que sur lui même pour convaincre. Le Front National étant arrivé 3 eme du premier tour, le réservoir de voix semble tout trouvé. Ainsi pour séduire cet électorat Nicolas Sarkozy se doit de reprendre les thèmes phares de la campagne de Marine Le Pen pour espérer fédérer de nouveaux électeurs. Ainsi la promesse de mise en place de loi diminuant ou luttant contre l’immigration comme la renégociation des accords de Shengen ou la division entretenu des français sont au coeur de la campagne.

Ainsi, chaque candidat doit affirmer ces positions et clarifier ces thèmes de rassemblement. En occultant l’ensemble des autres problèmes comme celui de la dette, de la souveraineté du pays et du type de croissance pour le XVIe siècle, la campagne se focalise sur des polémiques.

On pourrait ainsi résumer le choix qui s’offre à nous par la désignation des bouc-emissaires  de la crise que traverse la France.
Le choix qui se porte à nous se résume donc par la désignation des riches comme élément essentielle de la crise de croissance française ou l’accueil d’immigrés.

Banquiers ou immigrés, faites votre choix.

OUTGDA Mektar

Tags associés : Analyse, resultats, election, presidentielle

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Mercredi 02 Mai 2012Poster un commentaire

Il ne se passe pas une journée depuis plusieurs années (je situe ce changement autour des années 2000) sans une bonne grosse polémique. Ce mot est devenu synonyme d'actualité, et à perdu, à mon sens, toute sa substance à force d'être utilisé. Mais sous ce mot se cache une nouvelle conception de l'information, ou l'on voit apparaitre un nouveau type de paradygme pour les professionnels de l'information et de la communication.

Avec la multiplicité des supports médias (presse, télé, internet, smartphone), l'information est devenu aussi necessaire que boire ou manger pour grand nombres de citoyens devenu addict aux commérages à l'échelle internationale. Ce phénomène n'est pas nouveau au regard des audiences explosives des messes du 20h de TF1 et France 2, et cela, depuis de très nombreuses années. Cependant une nouvelle forme a fait son apparition dans les médias: la polémique.

Au dela de l'information, la polémique se caractérise par le clivage qu'il déclenche dans la population, ce qui créer une attention toute particulière sur cette information, qui emerge du flot continue dévérsé par les médias professionnels et débutant. Mais le phénomène ne s'arrête pas là, la seconde étape consiste à demander à des personnages publiques (essentiellement des élus souvent enclin à donner leur avis devant un micro) de réagir mais également de suréagir sur la réaction ou les propos d'une autre peronne. Ainsi la polémique s'auto alimente, et créer une tension au sein de la société qui permet à celle ci de constamment s'ajuster sur differents sujet (un ajustement souvent fait sur l'échiquier politique mais pas seulement). Faut il y voir un mal ? Les avis divergent sur la question, certains y verront un moyen de dynamiser un débat publique souvent trop conformiste et éloigné des citoyens, d'autres y voient des écrans de fumée à répétition permettant de cacher les vrais problèmes et d'éviter le débat sur ceux ci. Selon moi on trouve du vrai dans les deux interprétations, tout est dans la maitrise de chaque acteur individuel au sein de cette ensemble que constitue la polémique, mais également du sujet même de la polémique (la polémique sur jean luc mélanchon qui malmène un étudiant en journalisme n'a pas la même portée que la polémique Woerth ou Tapie). Surtout que certaines polémiques finissent par avoir des conséquences parfois lourdes (la polémique Gaymart lorsqu'il etait à bercy à eu pour consequence une modification non seulement de la loi, mais également des moeurs politiques).

La polémique du jour concerne la proposition d'Eva Joli candidate à l'élection présidentielle pour EELV, qui porte sur le remplacement du défilé militaire du 14 juillet par un défilé ou se cotoye civil et militaire. Cette information a tout d'une très bonne polémique car elle concerne une personne de premier plan (une candidate à l'élection suprême), un sujet important (la fête nationale) et une radicalité clivante (ici le remplacement). Cette polémique n'a pas manqué de faire réagir (ou du moins les journalistes ont demandés à de nombreuses personnaltés de réagir) ce qui a alimenté la polémique avec un clivage à gauche et un déchainement à droite, et à l'heure ou j'écris la polémique a atteint un nouveau stade puisque le premier ministre à réagi d'abidjan en insinuant que madame Joly "n'avait pas une culture ancienne de l'histoire de France" ce qui a réalimenté la polémique et la fait dériver sur le terrain de la bi nationalité (ce qui n'a rien à voir avec le sujet de départ), Cet exemple est symptomatique des risques d'un manque de controle individuel qui permet l'emballement du système 'polémique'. 

Intégrer cette notion et en comprendre le fonctionnement devient donc un impératif pour les personnages publiques, pour leur permettrent notamment, de tirer leur épingle d'un jeu qui peut finir par devenir dangereux, car la polémique est une guerre qui laisse toujours des victimes derriere elle...

OUTGDA Mektar

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Dimanche 17 Juillet 2011Poster un commentaire

 

Portrait de Mouammar Kadhafi (Abode of Chaos/Flickr/CC).

Chut, ne le répétez pas, il ne faudrait pas troubler les premiers départs en vacances, mais la France, en Libye, ne demande plus le départ de Kadhafi. Il lui suffirait de voir Kadhafi « dans une autre pièce de son palais, avec un autre titre ».

 

C'est le ministre de la Défense, Gérard Longuet, qui a revu cette exigence à la baisse (sans toutefois préciser quelle pièce du Palais avait sa préférence). Pour un gouvernement qui n'a cessé, sur tous les tons, d'exiger le départ du Libyen, c'est une belle et bonne capitulation (qui n'a d'ailleurs pas échappé aux Américains, lesquels se sont empressés de préciser que le départ de Kadhafi, à leurs yeux, constituait toujours un but de guerre).

A ce stade, je m'empresse de préciser que les choses sont peut-être moins claires. Car pendant que Longuet expliquait qu'il se satisferait d'un exil de Kadhafi vers le vestibule ou le grenier, Juppé maintenait que son départ, son départ pour de bon, restait « un élément clé ».

Une capitulation française se prépare

Qu'est-ce qu'un « élément clé », en langage Juppé ? Peut-il y avoir plusieurs « clés » simultanément ? Une clé doit-elle forcément ouvrir ou fermer ? Il est vrai que Juppé s'exprimait en anglais, ce qui est, pour un Français normalement constitué, une initiative toujours hasardeuse, source possible de nombreux malentendus.

Quoi qu'il en soit, dans cette guerre qui aura été marquée tout du long par unepropagande effrénée (article payant), on sent bien qu'une capitulation française se prépare, que l'on camouflera par tous les moyens sémantiques connus.

On pourrait penser que les radios du matin fassent un large écho à cette importante nouvelle. Mais non. France Inter a déjà plongé jusqu'au cou dans le « 7/9 de l'été ». L'été, on vous passe des chansons, on vous cause peinture, sculpture, on ne vous embête plus avec des nouvelles barbantes.

L'indispensable légèreté de l'été

Et si la radio publique ouvre le journal de 8 heures, en effet, avec l'imbroglio libyen, elle ne va pas aller jusqu'à organiser un débat, susciter des réactions politiques, ou appeler les choses par leur nom. Non. La France se contente de « revoir sa position », de sonner « l'heure d'un réglement politique », et autres ingénieuses formules.

D'ailleurs, heureuse coïncidence, Bernard Guetta, qui avait chanté la geste de Juppé(article payant) lors du déclenchement de la guerre, est en vacances depuis la semaine dernière. De là à croire qu'on a attendu son départ pour se retirer en catimini de Libye…

Photo : portrait de Mouammar Kadhafi (Abode of Chaos/Flickr/CC).

Par Daniel Schneidermann

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Samedi 16 Juillet 2011Poster un commentaire